Ecrire était aussi chez elle une sorte de thérapie, son psychanaliste de luxe, un confident sans corps et sans âme. Elle se souvenait de ces quatre gros cahiers - ni plus ni moins gros que celui qu'elle tient dans ses mains - ces cahiers qu'elle avait remplis entre ses onze et vingt ans... Refuges de ses joies et de ses peines d'adolescente, dont le contenu lui est si intime qu'il lui est littéralement impossible de les relire sans se sentir dans des états mentaux insuportables! Mais maintenant elle n'a plus ni joie ni peine à raconter seulement les choses les plus simples qui sont dans sa tête.
Par exemple, cet après-midi, elle se sent fatiguée mais pourtant elle se sent bien. Elle ne fait rien de spécial, elle s'allonge un peu partout dans cette maison pour lire tranquilement ou écrire. Par exemple, de temps en temps elle apperçoit par la fenêtre les chevaux qui déambulent inlassablement dans leur pâture. Par exemple, la température qui est si douce depuis un mois qu'elle se sent bien le plus souvent.
Elle prenait la voiture pour aller acheter le cahier avec l'intention d'en noircir les pages. Elle se disait qu'elle ne l'écrirait que pour elle-même, sans autre témoin qu'elle-même. Elle pourrait donc y mettre tout ce qu'elle voulait y retrouver plus tard, quand cette époque sera révolue, que les temps auront changés.
Ecrire par exemple les queues des chevaux qui fouiaillent sans cesse autour de leurs cuisses... Ce genre d'image qui lui font instantanément ramener corps et âme dans un passé proche ou lointain. Comment écrire, par exemple, pour se remettre dans cette tiédeur, dans cet environnement de verdure, cette approche du temps vacant?... Lorsque le plein temps scolaire aura repris, dans les six longs mois sans débander des rigueurs de l'hiver, de celles qui nous plongent chaque année progressivement dans des états d'énervement insuportables!... Et puis il y a les lettres de correspondance qu'elle ne sait subitement plus faire! Elle ne sait plus y mettre ce contenu poétique qui faisait de sa vie une mine de beaux moments bien qu'entrecoupés de longues heures passées morfondue au fond de son terrier... Brusquement, elle ne peut plus raconter les fleurs, les oiseaux, les grands arbres qui lui sont quotidiens, peut-être parce qu'elle les voit tous les jours et qu'elle ne se donne plus le droit d'en parler. Il n'y a aucun raisonnement qui puisse expliquer cela. Elle ne peut plus en parler, c'est évident, mais elle ne peut absolument pas dire pourquoi. Ici, dans le cahier qu'elle vient d'acheter, le pourra-t-elle à nouveau?
Cela lui semble maintenant sans importance. Elle a l'impression qu'il lui suffit de les respirer, que cette jouissance n'a pas besoin d'autre chose. Alors pourquoi insister?... Cela lui rappèle les lettres merveilleuses échangées avec le P'tit Lu... Fallait vraiment vivre entre quatre murs pour écrire des choses pareilles! Pourtant c'était beau et plein de qualités... Etrange tournant de la vie!
9 décembre 2007
1er épisode: ECRIRE !
Un bonheur de mère
Un beau jour de juin elle redécida à écrire, ce jour-là, sentant les vacances, les jours vacants arriver. Sans autre grand espoir que de se retrouver elle-même... Elle ressentait le besoin de préparer un temps soit peu cette rencontre. Reprendre ce moyen qui lui était déjà ancien, celui de l'écriture quotidienne.
Elle lisait souvent. Elle suivait des livres lentement un peu chaque jour,qui devenaient différents selon le lieu où elle les lisait. Peu à peu, elle se sentait un peu frustrée de toujours se préoccuper de l'existence de personnages qu'elle ne verrait jamais, qu'elle n'aurait d'ailleurs jamais envie de connaître. Elle sentait que tous ces mots qu'elle lisait auraient pu être employés en fait à se dire, elle, à se raconter à son tour et qu'alors, son vécu ne se perdrait plus sans cesse dans les méandres de l'oubli. Car elle sentait tout ce temps qui commençait déjà à lui échapper, ces jours dont elle ne voulait pas pourtant chercher à se souvenir méthodiquement. Elle savait qu'il suffisait de quelques lignes par jour pour se retrouver. Elle savait que cela suffisait pour retrouver le personnage qu'elle était celui que chaque jour elle cherchait à retrouver, à rencontrer, à redéfinir. Dans chacun de ces moments, la difficulté en était si grande que les larmes lui montaient aux yeux immanquablement...
Alors elle prenait la voiture.
Depuis quelques jours, quelque chose se passait en elle, une sorte de besoin de se dire... Une prise de conscience? Et puis il n'y avait personne à qui se dire... Finalement, ce qu'elle avait à dire n'était que du radotage de grand-mère - comme beaucoup de romans d'ailleurs.. Sauf que... - et ce radotage-là, elle n'avait qu'à faire comme les autres, l'ECRIRE!
Un beau jour de juin elle redécida à écrire, ce jour-là, sentant les vacances, les jours vacants arriver. Sans autre grand espoir que de se retrouver elle-même... Elle ressentait le besoin de préparer un temps soit peu cette rencontre. Reprendre ce moyen qui lui était déjà ancien, celui de l'écriture quotidienne.
Elle lisait souvent. Elle suivait des livres lentement un peu chaque jour,qui devenaient différents selon le lieu où elle les lisait. Peu à peu, elle se sentait un peu frustrée de toujours se préoccuper de l'existence de personnages qu'elle ne verrait jamais, qu'elle n'aurait d'ailleurs jamais envie de connaître. Elle sentait que tous ces mots qu'elle lisait auraient pu être employés en fait à se dire, elle, à se raconter à son tour et qu'alors, son vécu ne se perdrait plus sans cesse dans les méandres de l'oubli. Car elle sentait tout ce temps qui commençait déjà à lui échapper, ces jours dont elle ne voulait pas pourtant chercher à se souvenir méthodiquement. Elle savait qu'il suffisait de quelques lignes par jour pour se retrouver. Elle savait que cela suffisait pour retrouver le personnage qu'elle était celui que chaque jour elle cherchait à retrouver, à rencontrer, à redéfinir. Dans chacun de ces moments, la difficulté en était si grande que les larmes lui montaient aux yeux immanquablement...
Alors elle prenait la voiture.
Depuis quelques jours, quelque chose se passait en elle, une sorte de besoin de se dire... Une prise de conscience? Et puis il n'y avait personne à qui se dire... Finalement, ce qu'elle avait à dire n'était que du radotage de grand-mère - comme beaucoup de romans d'ailleurs.. Sauf que... - et ce radotage-là, elle n'avait qu'à faire comme les autres, l'ECRIRE!
4 décembre 2007
QUELQUES HAIKUS ...
HAIKUS
Reflet dans le miroir
quel est ce visage?
l'oiseau picore
Un détail
un état
un mouvement
A la naissance de l'ongle
douce et jaune vibre la touffe
piquante des graines de l'arbre
Petit bar de St Giniez
matin gris et tiède
le souci du travail
La chaleur de la peau
la peau des autres
désir de l'écrire
Lampadaire de nuit
grand pin ventilé
tourne la planete
La branche frissone
crisse le grillon
discours du vent
Bourdonnement d'un avion
aboiement du chien
larmes de chagrin
Parfum de menthe
le moustique bzzzz
fini le rêve!
Souffle discontinu
rêve d'air chaud
nocturne
Casserole brûlée
cerises trop mûres
croassements hocquetés
Aiguille sèche
y eut-il un chamois
resterait ébouriffé
Frémissement des chairs
proximité des corps
conduction calorifaire
Reflet dans le miroir
quel est ce visage?
l'oiseau picore
Un détail
un état
un mouvement
A la naissance de l'ongle
douce et jaune vibre la touffe
piquante des graines de l'arbre
Petit bar de St Giniez
matin gris et tiède
le souci du travail
La chaleur de la peau
la peau des autres
désir de l'écrire
Lampadaire de nuit
grand pin ventilé
tourne la planete
La branche frissone
crisse le grillon
discours du vent
Bourdonnement d'un avion
aboiement du chien
larmes de chagrin
Parfum de menthe
le moustique bzzzz
fini le rêve!
Souffle discontinu
rêve d'air chaud
nocturne
Casserole brûlée
cerises trop mûres
croassements hocquetés
Aiguille sèche
y eut-il un chamois
resterait ébouriffé
Frémissement des chairs
proximité des corps
conduction calorifaire
14 novembre 2007
UN JOUR S'EST ECRIT...

"Entre nous soit dit"
UN JOUR, S'EST ÉCRIT...
Quelque chose ou quelqu'un qui se... Qui s'affiche, se plie, se froisse, s'étiole, se "nuagiiiiise"! Et puis, une lettre qui pète en reitre pour se repaître et reparaître devant un prêtre pommelé, moutonné, vallonné, craquelé, crevassé!... M'enfin, ce n'est pas possible! Que racontez-vous là? lui dit le chien. Et si nous allions apparaître, contouner, gravir, escalader, crapahuter et que sais-je encore?... A travers les buissons, le bosquet, la clairière, le long d'une sente ou sous la futaie?...
Sera-ce frais, encaissé, accidenté ou bien ce sera panoramique, voir même vertigineux!!!
Le fait est que la page s'affiche vers le... autour plutôt ou bien dans le... non! près de, puis, auprès de la lettre "pommelée" de mon image "moutonnée"! Alors, ou tandis que le paysage qui apparaît ainsi derrière, au détour du buisson frais, contourne le bosquet encaissé de ma claire d'hier.
La page comme je le disais, s'affichait dans l'image pommelée de ma lettre blême...
Dans le paysage frais, apparût la clairière illuminée au beau milieu des frondaisons encaissées de Montvallon. Ensuite, la page s'est roulée puis pliée dans les formes vallonnées de mes lettres arrondies. J'ai escaladé la paroi accidentée qui surplombe le sentier de mon côteau désert. Car la page se froissa soudain dans le paragraphe moutonneux de ma structure attendrie! Le paysage se mit à arpenter la forêt infinie, dans l'ascention d'une dimension cachée de ma colline perdue!... Maintenant, la page s'étiole dans la crevasse dorée de la nervure, le paysage atteint alors les roches verticales qui enjambent les forêts profondes, barrant mes vertes prairies.
Oh non! Dit le chien, vous m'en direz tant! Si votre langage ressemble à votre chapeau, je me permet de vous faire cette remarque: c'est la page qui s'affiche dans l'image pommelée, certes, de votre lettre blême! (un autre chien s'approche...), TANDIS qu'apparaît la clairière du paysage frais qui illumine... etc, etc! Et d'ailleurs la page se plie! Oui, monsieur, parfaitement, la page se plie! Mais auparavant elle s'est arrondie. Vallons, lettres, futaies l'ont mise dans cette forme spécifique du rond! Peu importe, en fait la sente et le désert du côteau... Non! Non! Attendez que je termine. Vous, et mon collègue - qui renifle décidemment une drôle d'odeur! Mais là n'est pas la question! - Nous disions donc, - j'aime beaucoup ces sujets-là que nous pratiquons quotidiennement tout au long de nos vies de canins! - vous disiez donc que la page se froisse et vous avez même vu des moutons en compagnie de tortues! Quelle surprise! Et cela en haut d'une falaise!... Savez-vous qu'il est très dangereux pour ces animaux d'escalader de tels endroits?! Ce n'est qu'une image me dites-vous? Et vous croyez vous disculper en disant ça, bien sûr! (le deuxième chien qui s'était endormi, se met à grogner en faisant trembler ses pattes...). Ainsi donc, vous vous êtes perdu dans la colline?... Qu'est-ce que vous voulez encore nous faire croire? Nous sommes peut-être des animaux crédules mais il ne faudrait pas non plus... (le deuxième chien est pris d'une crise d'éternuements qui empêche l'autre de se faire entendre... Il se met alors à transformer son discours en aboiements de plus en plus furieux! L'autre, effrayé, se jette sur lui!... Pendant ce temps, des boulettes de papier à moitié froissées traversent l'espace en tout sens. Puis le calme revient: chacun reste hagard. La voix reprend) J'ai souvent rêvé de cette colline, Monsieur chien que vous êtes, vous et votre acolyte, et je peux vous dire qu'elle n'existe pas réellement. Elle serait plutôt la synthèse de plusieurs collines où je me suis rendu dans le passé. C'est pourquoi je la dis "perdue". C'est ainsi que sa fameuse dimension est cachée. Comprenez-vous? (le chien n'écoute plus, il sent le derrière de l'autre et alternativement) ... La page s'étiole, l'apage sait yole, l'apât, la passe... Dents l'adime en Sioncre, vas scier demafre asene r' vue r' et dors!... Bi inkle paix y sageki S caladela phorépe r'of onde deux m'est panssaive herte.
Quelque chose ou quelqu'un qui se... Qui s'affiche, se plie, se froisse, s'étiole, se "nuagiiiiise"! Et puis, une lettre qui pète en reitre pour se repaître et reparaître devant un prêtre pommelé, moutonné, vallonné, craquelé, crevassé!... M'enfin, ce n'est pas possible! Que racontez-vous là? lui dit le chien. Et si nous allions apparaître, contouner, gravir, escalader, crapahuter et que sais-je encore?... A travers les buissons, le bosquet, la clairière, le long d'une sente ou sous la futaie?...
Sera-ce frais, encaissé, accidenté ou bien ce sera panoramique, voir même vertigineux!!!
Le fait est que la page s'affiche vers le... autour plutôt ou bien dans le... non! près de, puis, auprès de la lettre "pommelée" de mon image "moutonnée"! Alors, ou tandis que le paysage qui apparaît ainsi derrière, au détour du buisson frais, contourne le bosquet encaissé de ma claire d'hier.
La page comme je le disais, s'affichait dans l'image pommelée de ma lettre blême...
Dans le paysage frais, apparût la clairière illuminée au beau milieu des frondaisons encaissées de Montvallon. Ensuite, la page s'est roulée puis pliée dans les formes vallonnées de mes lettres arrondies. J'ai escaladé la paroi accidentée qui surplombe le sentier de mon côteau désert. Car la page se froissa soudain dans le paragraphe moutonneux de ma structure attendrie! Le paysage se mit à arpenter la forêt infinie, dans l'ascention d'une dimension cachée de ma colline perdue!... Maintenant, la page s'étiole dans la crevasse dorée de la nervure, le paysage atteint alors les roches verticales qui enjambent les forêts profondes, barrant mes vertes prairies.
Oh non! Dit le chien, vous m'en direz tant! Si votre langage ressemble à votre chapeau, je me permet de vous faire cette remarque: c'est la page qui s'affiche dans l'image pommelée, certes, de votre lettre blême! (un autre chien s'approche...), TANDIS qu'apparaît la clairière du paysage frais qui illumine... etc, etc! Et d'ailleurs la page se plie! Oui, monsieur, parfaitement, la page se plie! Mais auparavant elle s'est arrondie. Vallons, lettres, futaies l'ont mise dans cette forme spécifique du rond! Peu importe, en fait la sente et le désert du côteau... Non! Non! Attendez que je termine. Vous, et mon collègue - qui renifle décidemment une drôle d'odeur! Mais là n'est pas la question! - Nous disions donc, - j'aime beaucoup ces sujets-là que nous pratiquons quotidiennement tout au long de nos vies de canins! - vous disiez donc que la page se froisse et vous avez même vu des moutons en compagnie de tortues! Quelle surprise! Et cela en haut d'une falaise!... Savez-vous qu'il est très dangereux pour ces animaux d'escalader de tels endroits?! Ce n'est qu'une image me dites-vous? Et vous croyez vous disculper en disant ça, bien sûr! (le deuxième chien qui s'était endormi, se met à grogner en faisant trembler ses pattes...). Ainsi donc, vous vous êtes perdu dans la colline?... Qu'est-ce que vous voulez encore nous faire croire? Nous sommes peut-être des animaux crédules mais il ne faudrait pas non plus... (le deuxième chien est pris d'une crise d'éternuements qui empêche l'autre de se faire entendre... Il se met alors à transformer son discours en aboiements de plus en plus furieux! L'autre, effrayé, se jette sur lui!... Pendant ce temps, des boulettes de papier à moitié froissées traversent l'espace en tout sens. Puis le calme revient: chacun reste hagard. La voix reprend) J'ai souvent rêvé de cette colline, Monsieur chien que vous êtes, vous et votre acolyte, et je peux vous dire qu'elle n'existe pas réellement. Elle serait plutôt la synthèse de plusieurs collines où je me suis rendu dans le passé. C'est pourquoi je la dis "perdue". C'est ainsi que sa fameuse dimension est cachée. Comprenez-vous? (le chien n'écoute plus, il sent le derrière de l'autre et alternativement) ... La page s'étiole, l'apage sait yole, l'apât, la passe... Dents l'adime en Sioncre, vas scier demafre asene r' vue r' et dors!... Bi inkle paix y sageki S caladela phorépe r'of onde deux m'est panssaive herte.
1 novembre 2007
LA MEMOIRE DU TEMPS
"Entre nous soit dit"
La mémoire du temps de Edmonde
Jacqueline écrit entre les mots...et sur les mots, parfois!
La mémoire du temps sur les chemins de la vie, à l'orée de soi-même et de l'instant qui court... Cette mémoire-là nous ramènera à un silence de fêlures tapies dans la solitude.
Une solitude peuplée de brouillards et d'instants nocturnes.
On y respire plus lentement, par saccades, comme une mer d'huile que le vent, tout à coup, frappant le bord des terres de l'esprit, peut en faire riser la surface de mille sensations diffuses. Le tempo du coeur s'arrêtera...
Ce sont les battements d'un murmure sussurés à l'oreille des jours qui passent.
Ils vont ainsi se blottir dans les recoins de notre mémoire.
Le chant du silence pourra les y retrouver, au moment muet qui transforme nos sombres pensées en joyeuses symphonies.
Le lointain et le récent se mêleront.
La mémoire sauvage ne fait qu'un de ce passé présent à tout instant.
Les bras se tendent vers cette chose vécue qui n'est plus mais qui vit en nous pour toujours. Cette éternité ne se délitera que si les parfums de nos jours acceptent de ne les enlacer qu'en partie...
La respiration du temps fera éclore des exils exquis au bord de nos existences fracturées.
Le double moi les rattache encore à leur propre étrangeté.
Matin doux, fraîcheur du soir, atmosphères diverses, rythmes de nos instants parfumés... L'homme éphémère y écrasera ses larmes.
Il y colle une joie de méloppée sur le doux tam-tam des jours alternativement sombres ou gais. Et le temps s'écoule lentement.
L'eau efface les traces que l'on voudrait indélébiles...
On se plie à son désir faussaire et implacable!
LA FIN D'UN TEMPS
A la canopée de l'existence
Entre le temps des résurgences de moments brodés d'espoir
La lucidité prend des turbulences de parfums capiteuxLe voile se déchire
La sagesse cousue d'or courbe sous le joug des ans
Les yeux ont un regard de fièvre
L'homme cherche à élucider le mystère de ses jours
Le labyrinthe de ses nuits
Il attrape les mots et les blottit dans la petite poche de ses souvenirs
Il surprend les nuages et va vers des révélations évanescentes
Dans la turbulence, la déchirure entrave la parabole allégorique
Le monologue solitaire lui arrache des pensées ténébreuses
Un entre-temps de choses de vie évanouiesLa transparence se fait jour
Son expérience empirique ne repose plus que sur un désert insondable
Peut-il ramener un peu de lumière dans ces tréfonds ténébreux?
Le vieillard chenu arrive au terme d'un espace que lui seul peut définir
Il peut se poser, méditer sous les ombrages de sa vie en suspens
Un indéfini espoir, un azur accueillant et serein
Alors, il regarde le ciel
Dernier augure d'un ailleurs délicieux, plus léger qu'un vent qui calme
Il se sent dans un étau d'attente confiante du début ou d'une fin prévue
Inexorable réalité de la mortIl n'est pas triste, seulement songeur
L'inconnu le rend anxieux et le fascine
Il a fait son temps
Il attend
Il attend.
La mémoire du temps de Edmonde
Jacqueline écrit entre les mots...et sur les mots, parfois!
La mémoire du temps sur les chemins de la vie, à l'orée de soi-même et de l'instant qui court... Cette mémoire-là nous ramènera à un silence de fêlures tapies dans la solitude.
Une solitude peuplée de brouillards et d'instants nocturnes.
On y respire plus lentement, par saccades, comme une mer d'huile que le vent, tout à coup, frappant le bord des terres de l'esprit, peut en faire riser la surface de mille sensations diffuses. Le tempo du coeur s'arrêtera...
Ce sont les battements d'un murmure sussurés à l'oreille des jours qui passent.
Ils vont ainsi se blottir dans les recoins de notre mémoire.
Le chant du silence pourra les y retrouver, au moment muet qui transforme nos sombres pensées en joyeuses symphonies.
Le lointain et le récent se mêleront.
La mémoire sauvage ne fait qu'un de ce passé présent à tout instant.
Les bras se tendent vers cette chose vécue qui n'est plus mais qui vit en nous pour toujours. Cette éternité ne se délitera que si les parfums de nos jours acceptent de ne les enlacer qu'en partie...
La respiration du temps fera éclore des exils exquis au bord de nos existences fracturées.
Le double moi les rattache encore à leur propre étrangeté.
Matin doux, fraîcheur du soir, atmosphères diverses, rythmes de nos instants parfumés... L'homme éphémère y écrasera ses larmes.
Il y colle une joie de méloppée sur le doux tam-tam des jours alternativement sombres ou gais. Et le temps s'écoule lentement.
L'eau efface les traces que l'on voudrait indélébiles...
On se plie à son désir faussaire et implacable!
LA FIN D'UN TEMPS
A la canopée de l'existence
Entre le temps des résurgences de moments brodés d'espoir
La lucidité prend des turbulences de parfums capiteuxLe voile se déchire
La sagesse cousue d'or courbe sous le joug des ans
Les yeux ont un regard de fièvre
L'homme cherche à élucider le mystère de ses jours
Le labyrinthe de ses nuits
Il attrape les mots et les blottit dans la petite poche de ses souvenirs
Il surprend les nuages et va vers des révélations évanescentes
Dans la turbulence, la déchirure entrave la parabole allégorique
Le monologue solitaire lui arrache des pensées ténébreuses
Un entre-temps de choses de vie évanouiesLa transparence se fait jour
Son expérience empirique ne repose plus que sur un désert insondable
Peut-il ramener un peu de lumière dans ces tréfonds ténébreux?
Le vieillard chenu arrive au terme d'un espace que lui seul peut définir
Il peut se poser, méditer sous les ombrages de sa vie en suspens
Un indéfini espoir, un azur accueillant et serein
Alors, il regarde le ciel
Dernier augure d'un ailleurs délicieux, plus léger qu'un vent qui calme
Il se sent dans un étau d'attente confiante du début ou d'une fin prévue
Inexorable réalité de la mortIl n'est pas triste, seulement songeur
L'inconnu le rend anxieux et le fascine
Il a fait son temps
Il attend
Il attend.
12 septembre 2007
"Entre nous soit dit"
LA LETTRE
I - OÙ SE CACHE LA PEUR DES MOTS...
Poster mon babil comme un oiseau s'élance dans le ciel et trouver dans les plis d'un billet l'éclat d'une vie... Lier une lettre à une autre en trouvant une harmonie exactement... Tomber les cartes pour révéler celle qui sera maîtresse et dans tous ces corps de textes, consommer les phonèmes sans modération!
C'est de cette position foisonnante que je m'étais préparée ce jour-là à entrer en correspondance avecmes congénères les plus parfaits. Le changement s'était opéré très progressivement le jour où j'avais osé accepter de prendre en compte toutes les lettres de l'alphabet.
Mine de rien, je découvrais une quantité de tabous qui vérolaient mon esprit! Par exemple, le propre des épitres apparaissait bien d'approuver ce que je souhaitais approuver pour moi-même et je suppose que tout un chacun en fait autant, s'octroyant ainsi la possibilité de se démarquer des autres... Tabous et choix semblent ici bien proches et pourtant, précisemment d'une certaine façon s'opposer. Qu'on ne me demande pas d'expliquer cette affaire-là!
Ainsi donc, puisqu'il s'agit de mots constitués de lettres, je découvrais une confusion étrange dans mon esprit au sujet du mot « EPISTOLAIRE »... Je ressentais à la fois une attirance pour sa première partie et à la fois une répulsion pour son graphème final! Ce qu'on nomme préfixe et qui se matérialise ici par E,P et I, préfixait précisemment l'image d'un Jésus entouré de son groupe d'amis, au milieu des oliviers et, printemps aidant, emmenés dans des conversations disparates, élaborant au fil des années une sorte d'onthologie!... Je ressentais une attirance certaine vers la générosité humaine ainsi exprimée. Et puis, la fin du mot: « AIRE », où une autre image était immédiatement refoulée, celle de l'enfer!... Comme un frisson qui vous parcourt le dos et cette désagréable sensation, qu'une fois écrit, preuve étant faite, condamnation peut s'ensuivre!... Primaire, n'est-ce pas? Et pourtant, le même Jésus, dans le désert, n'était pas en enfer mais cela ne venait qu'après, bien après l'enfer refoulé. C'est là que la confusion s'est installée!
II - DES ÉCHANGES DE LETTRES
J'avais quinze ans, mon frère était décédé depuis quatre ans.
Les échanges épistolaires que j'avais avec mon cousin étaient plutôt passionnés de mon côté et protecteurs de l'autre. Le besoin fou que j'avais de communiquer trouvait là une ouverture admirable... Il y a des jours où tous les gens sont beaux, à travers ses lettres tous les gens étaient beaux tous les jours! Je ne sais plus qui arrêta d'écrire en premier, je peux supposer que c'est moi au moment où l'écriture de mes cahiers se fit pleine, c'est-à-dire quand elle put se suffire à elle-même. Je me souviens cependant que ces lettres ne constituaient pas un but en soi. Je n'écrivais pas pour écrire, j'écrivais dans l'spoir de vivre un jour... Je ne me demandais pas s'il s'agissiat de vouloir vivre avec mon cousin, je savais simplement qu'un jour je vivrai avec des personnes que j'aimerai et que j'aimais déjà!
Mais, j'avais bien compris qu'on peut pas trouver un interlocuteur avec qui partager tous les sujets de la vie. Aussi, j'entretenais d'autres échanges épistolaires. C'est avec le docteur S que je racontais mes aventures cavalières. C'était venu tout naturellement! Ma mère, dont il était l'ami presqu'intime à mes yeux, avait dû lui faire part de ma nouvelle activité. Suite au deuil du frère, cet engoûment leur apparaissait sans doute comme un beau signe de vie.
Il a dû se passer qu'un beau jour, elle me proposa de commencer un échange d'expériences cavalières que lui-même souhaitait partager. C'est ainsi que je racontais mes déboires multiples et variés. Le genre équidé devenait alors peu à peu le centre de mon existance. En dehors du travail scolaire sur lequel j'avais du mal à me concentrer, le genre « cheval » occupait ma vision comme un concept existenciel. Si j'acceptais de vivre dans le béton tous les jours, dans les étages d'un immeuble chaque matin et chaque soir, dans les carlingues métalliques des autobus et des voitures, parfois et toutes mes journées ou presque dans un immeuble plus ou moins haussmanien, c'était seulement pour préparer l'avenir! Dans la moindre touffe d'herbe et dans l'ombre pommelée des feuillus, j'entrevoyais des univers de chevaux en liberté galoppant dans des prairies toujours vertes... Dans mes échanges avec le docteur, j'avais déjà, et de loin, la précision d'analyse de la future éthologue que je déciderai un beau jour de devenir. Les lettres qu'il m'écrivait en retour, n'étaient que des souvenirs trop lointains pour lui mais son soutien construisait mon écriture semaine après semaine. C'est dans ces descriptions minutieuses que j'appris à trouver les mots pour me faire comprendre. Quand il me répondait, je savais qu'il avait lui aussi vécu l'expérience décryptée. Un jour, il ne répondit plus, la vie l'avait quitté, bien loin de chez moi, là-bas où il m'avait fait naître, de l'autre côté de la Méditerranée...
III - TOUT EST POSSIBLE!
Le corps est là, bien tangible, même si le docteur n'est plus et le cousin disparu. De digramme en trigramme ou lettre en bas de casse, c'est en chiffres romains ou en italiques que j'écris maintenant! De manuscrits en typographies, je ne peux empêcher la lettre de s'écrire, de lettre muettes en lettres liées les unes aux autres, ce sont autant de lettres dont je construis ma vie. Si l'inconscient est un langage, l'écriture est aussi une image de majuscules et de minuscules, d'élégants dessins de pleins et de déliés, de hampes et de jambages mis en valeur par la lettre capitale exprimée ou gravée en lettres d'or! Ecrites en toutes lettres sur mon visage, je garde présent dans ma mémoire, toutes les lettres circulaires de mes publipostages.
C'est autant de lettres de remerciements aux multiples hôtes que de lettres de licenciement ou de démission qu'il est nécessaire parfois de dépêcher. Autant de faire-parts que l'existence se plaît à nous multiplier, lettres de cachet que les administrations ne savent plus faire et nous encore moins!... Lettres de rémission auxquelles on ne se livre même plus! Lettres de noblesse qui sont à nouveau à inventer, lettres de créance qui permettraient peut-être, à notre tour, de prendre des droits. Lettres de service qui deviendraient notre journal intime! Lettres anonymes où nous pourrions dire tout ce que l'on désire. Lettres patentes où la fantaisie d'aujourd'hui peut prendre ses droits. Lettres de rupture où nous décidons enfin d'arrêter la monotonie des jours. Lettres de naturalisation où notre nature peut ainsi déplacer son point de vue. Lettres d'amour trop peu usitées de nos jours, lettre de condoléances trop vite concoctées à partir d'un modèle préformé, lettres de recommandation même pas considérées, lettres d'embauche trop peu multipliées et enfin, celle-ci, lettre de pure garantie pour un retour de la lettre que trop de gens ne savent plus faire, du genre épistolaire ou presqu'illettriste!
Je n'irais pas pleurer sur les papiers de ceux à qui on a appris à écrire et qui ne veulent pas en jouïr! Je n'irais qu'à dire que les générations à venir ont déjà recommencé à écrire, que nous sommes là, comme des phares dans une nuit finissante... Puisse, car il n'est jamais trop tard, encore venir les écrivants, tous ceux en qui le désir d'écrire se réveille un beau jour tout doucement...
LA LETTRE
I - OÙ SE CACHE LA PEUR DES MOTS...
Poster mon babil comme un oiseau s'élance dans le ciel et trouver dans les plis d'un billet l'éclat d'une vie... Lier une lettre à une autre en trouvant une harmonie exactement... Tomber les cartes pour révéler celle qui sera maîtresse et dans tous ces corps de textes, consommer les phonèmes sans modération!
C'est de cette position foisonnante que je m'étais préparée ce jour-là à entrer en correspondance avecmes congénères les plus parfaits. Le changement s'était opéré très progressivement le jour où j'avais osé accepter de prendre en compte toutes les lettres de l'alphabet.
Mine de rien, je découvrais une quantité de tabous qui vérolaient mon esprit! Par exemple, le propre des épitres apparaissait bien d'approuver ce que je souhaitais approuver pour moi-même et je suppose que tout un chacun en fait autant, s'octroyant ainsi la possibilité de se démarquer des autres... Tabous et choix semblent ici bien proches et pourtant, précisemment d'une certaine façon s'opposer. Qu'on ne me demande pas d'expliquer cette affaire-là!
Ainsi donc, puisqu'il s'agit de mots constitués de lettres, je découvrais une confusion étrange dans mon esprit au sujet du mot « EPISTOLAIRE »... Je ressentais à la fois une attirance pour sa première partie et à la fois une répulsion pour son graphème final! Ce qu'on nomme préfixe et qui se matérialise ici par E,P et I, préfixait précisemment l'image d'un Jésus entouré de son groupe d'amis, au milieu des oliviers et, printemps aidant, emmenés dans des conversations disparates, élaborant au fil des années une sorte d'onthologie!... Je ressentais une attirance certaine vers la générosité humaine ainsi exprimée. Et puis, la fin du mot: « AIRE », où une autre image était immédiatement refoulée, celle de l'enfer!... Comme un frisson qui vous parcourt le dos et cette désagréable sensation, qu'une fois écrit, preuve étant faite, condamnation peut s'ensuivre!... Primaire, n'est-ce pas? Et pourtant, le même Jésus, dans le désert, n'était pas en enfer mais cela ne venait qu'après, bien après l'enfer refoulé. C'est là que la confusion s'est installée!
II - DES ÉCHANGES DE LETTRES
J'avais quinze ans, mon frère était décédé depuis quatre ans.
Les échanges épistolaires que j'avais avec mon cousin étaient plutôt passionnés de mon côté et protecteurs de l'autre. Le besoin fou que j'avais de communiquer trouvait là une ouverture admirable... Il y a des jours où tous les gens sont beaux, à travers ses lettres tous les gens étaient beaux tous les jours! Je ne sais plus qui arrêta d'écrire en premier, je peux supposer que c'est moi au moment où l'écriture de mes cahiers se fit pleine, c'est-à-dire quand elle put se suffire à elle-même. Je me souviens cependant que ces lettres ne constituaient pas un but en soi. Je n'écrivais pas pour écrire, j'écrivais dans l'spoir de vivre un jour... Je ne me demandais pas s'il s'agissiat de vouloir vivre avec mon cousin, je savais simplement qu'un jour je vivrai avec des personnes que j'aimerai et que j'aimais déjà!
Mais, j'avais bien compris qu'on peut pas trouver un interlocuteur avec qui partager tous les sujets de la vie. Aussi, j'entretenais d'autres échanges épistolaires. C'est avec le docteur S que je racontais mes aventures cavalières. C'était venu tout naturellement! Ma mère, dont il était l'ami presqu'intime à mes yeux, avait dû lui faire part de ma nouvelle activité. Suite au deuil du frère, cet engoûment leur apparaissait sans doute comme un beau signe de vie.
Il a dû se passer qu'un beau jour, elle me proposa de commencer un échange d'expériences cavalières que lui-même souhaitait partager. C'est ainsi que je racontais mes déboires multiples et variés. Le genre équidé devenait alors peu à peu le centre de mon existance. En dehors du travail scolaire sur lequel j'avais du mal à me concentrer, le genre « cheval » occupait ma vision comme un concept existenciel. Si j'acceptais de vivre dans le béton tous les jours, dans les étages d'un immeuble chaque matin et chaque soir, dans les carlingues métalliques des autobus et des voitures, parfois et toutes mes journées ou presque dans un immeuble plus ou moins haussmanien, c'était seulement pour préparer l'avenir! Dans la moindre touffe d'herbe et dans l'ombre pommelée des feuillus, j'entrevoyais des univers de chevaux en liberté galoppant dans des prairies toujours vertes... Dans mes échanges avec le docteur, j'avais déjà, et de loin, la précision d'analyse de la future éthologue que je déciderai un beau jour de devenir. Les lettres qu'il m'écrivait en retour, n'étaient que des souvenirs trop lointains pour lui mais son soutien construisait mon écriture semaine après semaine. C'est dans ces descriptions minutieuses que j'appris à trouver les mots pour me faire comprendre. Quand il me répondait, je savais qu'il avait lui aussi vécu l'expérience décryptée. Un jour, il ne répondit plus, la vie l'avait quitté, bien loin de chez moi, là-bas où il m'avait fait naître, de l'autre côté de la Méditerranée...
III - TOUT EST POSSIBLE!
Le corps est là, bien tangible, même si le docteur n'est plus et le cousin disparu. De digramme en trigramme ou lettre en bas de casse, c'est en chiffres romains ou en italiques que j'écris maintenant! De manuscrits en typographies, je ne peux empêcher la lettre de s'écrire, de lettre muettes en lettres liées les unes aux autres, ce sont autant de lettres dont je construis ma vie. Si l'inconscient est un langage, l'écriture est aussi une image de majuscules et de minuscules, d'élégants dessins de pleins et de déliés, de hampes et de jambages mis en valeur par la lettre capitale exprimée ou gravée en lettres d'or! Ecrites en toutes lettres sur mon visage, je garde présent dans ma mémoire, toutes les lettres circulaires de mes publipostages.
C'est autant de lettres de remerciements aux multiples hôtes que de lettres de licenciement ou de démission qu'il est nécessaire parfois de dépêcher. Autant de faire-parts que l'existence se plaît à nous multiplier, lettres de cachet que les administrations ne savent plus faire et nous encore moins!... Lettres de rémission auxquelles on ne se livre même plus! Lettres de noblesse qui sont à nouveau à inventer, lettres de créance qui permettraient peut-être, à notre tour, de prendre des droits. Lettres de service qui deviendraient notre journal intime! Lettres anonymes où nous pourrions dire tout ce que l'on désire. Lettres patentes où la fantaisie d'aujourd'hui peut prendre ses droits. Lettres de rupture où nous décidons enfin d'arrêter la monotonie des jours. Lettres de naturalisation où notre nature peut ainsi déplacer son point de vue. Lettres d'amour trop peu usitées de nos jours, lettre de condoléances trop vite concoctées à partir d'un modèle préformé, lettres de recommandation même pas considérées, lettres d'embauche trop peu multipliées et enfin, celle-ci, lettre de pure garantie pour un retour de la lettre que trop de gens ne savent plus faire, du genre épistolaire ou presqu'illettriste!
Je n'irais pas pleurer sur les papiers de ceux à qui on a appris à écrire et qui ne veulent pas en jouïr! Je n'irais qu'à dire que les générations à venir ont déjà recommencé à écrire, que nous sommes là, comme des phares dans une nuit finissante... Puisse, car il n'est jamais trop tard, encore venir les écrivants, tous ceux en qui le désir d'écrire se réveille un beau jour tout doucement...
4 septembre 2007
MES MOTS BIEN-AIMES...

BLEU
Le bleu que j'ai dans les yeux quand je ferme les yeux et que je vois tous les bleus de la mer, du ciel, des fleurs... du coeur!
Un coeur bleu avec la fraîcheur d'une éclaboussure, irrisé de mille scintillements bleutés.
Bleu pour reposer mon esprit fatigué.
Bleu pour lâcher les peines à la queue-leu-leu.
Bleu, encore sans jamais me lasser, comme un chant très ancien qui me revient...
COEUR
Il m'avait dit de ne pas le cacher sous le portefeuille...
Entre la gauche et la droite, je n'ai jamais trop su où le mettre!
Je n'ai jamais trop vu où les autres l'avaient mis...
Un jour, j'ai senti qu'il battait très fort.
Je l'ai laissé sortir de sa cage et je l'ai suivi partout où il allait.
Je ne pouvais pas m'en détacher!
J'ai dû tout abandonner,
j'ai dû faire tout ce qu'il me demandait...
Le coeur est un tyran qui nous apprend l'amour envers et contre tout!
Il m'avait dit de ne pas le cacher sous le portefeuille...
Entre la gauche et la droite, je n'ai jamais trop su où le mettre!
Je n'ai jamais trop vu où les autres l'avaient mis...
Un jour, j'ai senti qu'il battait très fort.
Je l'ai laissé sortir de sa cage et je l'ai suivi partout où il allait.
Je ne pouvais pas m'en détacher!
J'ai dû tout abandonner,
j'ai dû faire tout ce qu'il me demandait...
Le coeur est un tyran qui nous apprend l'amour envers et contre tout!
L'AUTRE
Moi, partout, tout près et très loin...
Aujourd'hui ou hier et même l'autre de la préhistoire, en tout temps et en tout lieu, c'est encore mon même!...
Ami ou ennemi, frère, enfant ou arrière arrière grand-père, c'est nous, c'est moi, c'est eux,
Moi, partout, tout près et très loin...
Aujourd'hui ou hier et même l'autre de la préhistoire, en tout temps et en tout lieu, c'est encore mon même!...
Ami ou ennemi, frère, enfant ou arrière arrière grand-père, c'est nous, c'est moi, c'est eux,
l'AUTRE!...
L'identique et le différent, toujours là, même quand je me perd en plein désert, même quand la solitude m'enferme au fond de ma grotte, je suis envahi de lui, d'elle, d'eux au point de n'être plus rien à la fin du compte!
L'identique et le différent, toujours là, même quand je me perd en plein désert, même quand la solitude m'enferme au fond de ma grotte, je suis envahi de lui, d'elle, d'eux au point de n'être plus rien à la fin du compte!
CHALEUR
L'été, parfois torride, quand la chaleur envahit le moindre recoin, quand l'ombre se fait fraîche ou presque, quand, plus un seul être vivant ne bouge, c'est la lumière éclatante de sa chaleur.
Notre perception en est toute retournée!...
Alors, on ne veut plus la voir, on met des lunettes de soleil, on invente la climatisation, on peut même porter un gilet rempli de glaçons dans le dos!
On veut continur son quotidien sans rien changer!
Alors, on se demande bien s'il y a encore des saisons sur terre!... Ma bonne dame!
L'été, parfois torride, quand la chaleur envahit le moindre recoin, quand l'ombre se fait fraîche ou presque, quand, plus un seul être vivant ne bouge, c'est la lumière éclatante de sa chaleur.
Notre perception en est toute retournée!...
Alors, on ne veut plus la voir, on met des lunettes de soleil, on invente la climatisation, on peut même porter un gilet rempli de glaçons dans le dos!
On veut continur son quotidien sans rien changer!
Alors, on se demande bien s'il y a encore des saisons sur terre!... Ma bonne dame!
VOISIN
Quand je me sens seul dans ma petite maison, très seul et perdu dans mes pensées, quand je me sens isolé du monde des vivants, quand le désert envahit mon quotidien, j'apprécie d'entendre mes voisins vivre, j'apprécie d'entendre que la solitude est une idée, j'apprécie d'entendre qu'en descendant la rue, je vais aussi les rencontrer et que, finalement j'aime bien ma petite maison!
Quand je me sens seul dans ma petite maison, très seul et perdu dans mes pensées, quand je me sens isolé du monde des vivants, quand le désert envahit mon quotidien, j'apprécie d'entendre mes voisins vivre, j'apprécie d'entendre que la solitude est une idée, j'apprécie d'entendre qu'en descendant la rue, je vais aussi les rencontrer et que, finalement j'aime bien ma petite maison!
BASTINGAGE
Là, ça y est, on est parti, on voit la houle s'écarter de la coque du navire...
On a envie de sauter par dessus le bastingage!
Comme si, de devenir poisson allait nous amener droit au but!!
Et puis, on sait que ce n'est qu'un rêve au dedans de soi, un rêve fabuleux...
Alors, on lève les yeux au dessus du bastingage, on regarde la mer, plus loin...
On se sent raisonnable.
Là, ça y est, on est parti, on voit la houle s'écarter de la coque du navire...
On a envie de sauter par dessus le bastingage!
Comme si, de devenir poisson allait nous amener droit au but!!
Et puis, on sait que ce n'est qu'un rêve au dedans de soi, un rêve fabuleux...
Alors, on lève les yeux au dessus du bastingage, on regarde la mer, plus loin...
On se sent raisonnable.
BATEAU
C'est un bateau, un grand bateau blanc rempli de plein de gens qui rient ou qui pleurent avec les grands gestes du départ.
Parfois, on les entend même gronder de bonheur...
Un bateau pour partir très loin sur cette eau plate, de l'autre côté, pour changer sa vie, pour aimer encore plus ceux que l'on quitte...
Un bateau qui part pour savoir qu'on peut aimer la vie!
C'est un bateau, un grand bateau blanc rempli de plein de gens qui rient ou qui pleurent avec les grands gestes du départ.
Parfois, on les entend même gronder de bonheur...
Un bateau pour partir très loin sur cette eau plate, de l'autre côté, pour changer sa vie, pour aimer encore plus ceux que l'on quitte...
Un bateau qui part pour savoir qu'on peut aimer la vie!
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