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4 septembre 2007

MES MOTS BIEN-AIMES...



BLEU
Le bleu que j'ai dans les yeux quand je ferme les yeux et que je vois tous les bleus de la mer, du ciel, des fleurs... du coeur!
Un coeur bleu avec la fraîcheur d'une éclaboussure, irrisé de mille scintillements bleutés.
Bleu pour reposer mon esprit fatigué.
Bleu pour lâcher les peines à la queue-leu-leu.
Bleu, encore sans jamais me lasser, comme un chant très ancien qui me revient...

COEUR
Il m'avait dit de ne pas le cacher sous le portefeuille...
Entre la gauche et la droite, je n'ai jamais trop su où le mettre!
Je n'ai jamais trop vu où les autres l'avaient mis...
Un jour, j'ai senti qu'il battait très fort.
Je l'ai laissé sortir de sa cage et je l'ai suivi partout où il allait.
Je ne pouvais pas m'en détacher!
J'ai dû tout abandonner,
j'ai dû faire tout ce qu'il me demandait...
Le coeur est un tyran qui nous apprend l'amour envers et contre tout!

L'AUTRE
Moi, partout, tout près et très loin...
Aujourd'hui ou hier et même l'autre de la préhistoire, en tout temps et en tout lieu, c'est encore mon même!...
Ami ou ennemi, frère, enfant ou arrière arrière grand-père, c'est nous, c'est moi, c'est eux,


l'AUTRE!...
L'identique et le différent, toujours là, même quand je me perd en plein désert, même quand la solitude m'enferme au fond de ma grotte, je suis envahi de lui, d'elle, d'eux au point de n'être plus rien à la fin du compte!

CHALEUR
L'été, parfois torride, quand la chaleur envahit le moindre recoin, quand l'ombre se fait fraîche ou presque, quand, plus un seul être vivant ne bouge, c'est la lumière éclatante de sa chaleur.
Notre perception en est toute retournée!...
Alors, on ne veut plus la voir, on met des lunettes de soleil, on invente la climatisation, on peut même porter un gilet rempli de glaçons dans le dos!
On veut continur son quotidien sans rien changer!
Alors, on se demande bien s'il y a encore des saisons sur terre!... Ma bonne dame!

VOISIN
Quand je me sens seul dans ma petite maison, très seul et perdu dans mes pensées, quand je me sens isolé du monde des vivants, quand le désert envahit mon quotidien, j'apprécie d'entendre mes voisins vivre, j'apprécie d'entendre que la solitude est une idée, j'apprécie d'entendre qu'en descendant la rue, je vais aussi les rencontrer et que, finalement j'aime bien ma petite maison!

BASTINGAGE
Là, ça y est, on est parti, on voit la houle s'écarter de la coque du navire...
On a envie de sauter par dessus le bastingage!
Comme si, de devenir poisson allait nous amener droit au but!!
Et puis, on sait que ce n'est qu'un rêve au dedans de soi, un rêve fabuleux...
Alors, on lève les yeux au dessus du bastingage, on regarde la mer, plus loin...
On se sent raisonnable.

BATEAU
C'est un bateau, un grand bateau blanc rempli de plein de gens qui rient ou qui pleurent avec les grands gestes du départ.
Parfois, on les entend même gronder de bonheur...
Un bateau pour partir très loin sur cette eau plate, de l'autre côté, pour changer sa vie, pour aimer encore plus ceux que l'on quitte...
Un bateau qui part pour savoir qu'on peut aimer la vie!

25 juin 2007

SI J'AVAIS ETE POETE...

"Entre nous soit dit"

Si j'avais été poète...
J'aurais posé des choses sur ces vagues...
Je serais montée sur ce rocher et j'aurais marché sur la mer.
J'aurais trouvé la ville de Châtillon au fond de l'eau,
Je serais descendue dans les abysses d'une mer infinie
Et j'aurais rencontré les histoires que chacun a dans la tête.
Mais le poète que je voulais être n'était pas là.
Et je suis remontée sur le rocher au milieu des prairies.
Depuis ce jour-là,
Les pâquerettes ont fleuries...
Je suis arrivée à Châtillon un jour neigeux.
J'étais la treizième à la table d'écriture...
J'ai tiré le caillou du mot cimetière et j'ai écrit:
" un jour de neige
en plein hiver
dans un cimetière
on a vite enterréune vielle femme qui, à la fin de sa vie avait ralenti ses manies."
Les quatre cailloux suivants parlaient ainsi dans ma tête:
"Le chemin s'ouvrait largedans la forêt sombre.
La rivière murmurait au loin,le fils de la maison tissait sa corde pour de rire..."
Puis quatre autres:
"Le regard du gamin se posa sur celui de la souris; le sens de la vie était là entre eux deux!C'était comme une énigme qui apparaissait...C'est à une initiation qu'elle est invitée, elle doit laisser dehors tout ce qui n'est pas conforme; la recette, pour bien faire, est que l'autre y reste!" Je ne savais pas ce que j'écrivais, pourquoi ou comment, mais quelque choses'écrivait là et racontait tout simplement l'histoire que j'étais en train de vivre!...
ll s'est agit ensuite, dans la foulée, d'écrire encore, bien sûr! On n'était pas là pour se regarder dans le blanc des yeux! Donc sur le thème du "N'est pas fou qui veux!", c'est du moins le premier proverbe qui m'est venu à l'esprit, toujours avec des cailloux, ça a sorti ainsi:
N'est pas valise qui veut, une valise en vaut une autre, toute valise n'a pas sa pareille, valise, valise et demi n'est pas forcément pleine... valise ou porte, il faut y passer. Une prière ne vaut pas une valise! S'il faut le dire en prière, il ne faut pas le dire à la porte!
J'étais tout simplement en train de dire aux autres, ce que je pensais tout bas!......Que je désirais beaucoup rencontrer les histoires que chacun avait dansla tête! C'est ainsi que j'ai vu cette histoire-là sur la photo que j'avais tirée au sort chez mon voisin, ça s'appèle:
La PROMENADE
Vite, vite elle s'est habillée, par dessus sa liquette elle a enfilé son cirée; vite, vite il a attrapé son parapluie et ils sont partis,bras dessus, bras dessous dans les filaments de la pluie. D'une main, elle serrait son petit appareil photo que Titoune, sa petite nièce venait de lui offrir, de l'autre main, elle se faisait emmener par son homme qui la tenait fermement, LA main. Quand à la troisième ou disons la quatrième main, elle tenait un parapluie...Et, ce jour-là, le ciel était bien gris...
Au dos de la photo était imprimée une date... Je n'étais pas là ce jour-là! D'ailleurs, il faut le dire, bien que je veuille encore et encore écrire à cette table, je suis à ce moment-là comme partie... J'ai quitté brusquement mon désir! Je suis tombée dans un livre de Colette et j'ai vu une scène que je trouvais horrible!
"Pas brillante la bande aujourd'hui! lrène a amené sa sœur, un monstre batracien sans jambe, gibbeux, impossible à marier, qu'elle nourrit, terrorise et contraint à une muette complicité. Les habitués du salon Chaulieu ont donné à cette duègne tératologique, le nom significatif de: "Ma sœur Alibi".
Que dire après cela? Oui, c'est vrai ça! Que dire? CA ne vous suffit pas? Vous en voulez encore?... Pas possible! Je n'irais pas plus loin! je me contenterai simplement de dire ce que j'en pense avec un "et si...
"ET SI , par enchantement, la sœur Alibi soudain devient un vrai batracien?... Et qu'elle se mette à croasser en place de la muette complicité!... Hein?... Et si elle avait fait ça, dans l'histoire de Colette? Je vous dis pas le ridicule pour lrène!... Et les autres aussi d'ailleurs! Je pensais alors vaguement à Alice devant la reine hystérique qui hurlait de leur trancher la tête! Mais contrairement à cette horreur imminente, je trouvais le passage de Colette magnifique dans son horreur! Quel paradoxe jouissif ça m'apportait! Mon voisin, lui, y a trouvé autre chose! ll a dit que si Fred avait su en cette période obscure que le verbe choisir se conjuguerait aussi au féminin, un jour... Puis-je continuer une telle phrase si pleine de non-dits, que je ne saurais oser imaginer sans acrobaties alambiquées et de ce fait sans me casser la figure à coup sûr?...
La dernière histoire qu'il fallait raconter, ça l'a fait avec les autres, à toute vitesse pour dire la sympathique aventure que nous terminions de jouer sur nos papiers à l'issue de cette journée d'écriture.
Ca m'a donc fait écrire:
Il n'avait pas voulu le dire... J'attendais, j'attendais prés de la bouteille de gaz et toujours rien... Quel plaisir! Il n'était pas question,miel de zut, de continuer ainsi, il fallait aller ailleurs... Au carré desofficiers non plus il ne se passait rien...Soudain, le retour de Gilles changea tout! Le chat s'échappa par la portequi s'ouvrit violemment; Pierre pris son fusil, la boîte à musique chutalors à terre et la rivière déborda de son lit!...S'agissait-il d'un cauchemar? D'un rêve? Ou bien...? J'aime à voir la dansedes étourneaux dans le ciel, les vagues qu'ils exécutent en ondoyant merveilleusement! Et puis s'il n'avait pas voulu le dire finalement,peut-être, Gilles et Pierre allaient-ils le dire?...Comme Gilles et Pierre étaient parmi nous, tout le monde a rigolé à gorgedéployée de cette mise en scène western américain plagié! Tant et si bien qu'il m'a fallu reprendre ma lecture à deux fois et encoreils se retenaient... C'était sans compter qu'en fait, je ne comprenaisabsolument pas leur hilarité, hélas et que j'avais du mal à comprendre malgré tout cette histoire bien que, depuis le début on ne comprenait pastout! Ainsi se termina cette journée d'épique écriture pendant laquelle je dois bien dire que je n'ai vraiment encore pas tout compris!

16 février 2007

POURQUOI ECRIT-ON?

POURQUOI SE MET-ON ENSEMBLE POUR ECRIRE?

Eh! Crie-le, ce que tu as envie de dire!
Jette-le loin, le plus loin possible!
Qu'il cesse de te gratouiller à l'intérieur...
Et si on t'empêche de crier
si on veut te faire taire
écris-le sur le sable,
dans la mer
écris-le à travers les campagnes
et au-delà des océans!

Ecrire et crier parce que ce n'est pas le moment de se taire!
ce n'est pas le moment de lâcher l'affaire,
ce n'est pas comme ça qu'on veut finir!
Laisser crier ce qui veut s'écrire, de moi à nous et de vous à moi, simplement pour se retrouver sur les mêmes ondes, pour s'accorder sur les mêmes harmonies, celles de toujours...
A chaque fois des mots différents, nouveaux s'assemblent pour tisser une nouvelle image.
Celle que je vois aujourd'hui, c'est le bleu immense du ciel de Provence.
Ce n'est pas tant pour lui qu'il faut crier,
bien qu'il soit passablement torturé,
c'est surtout pour ce qui est sous nos pas,
ce qui nous conduit le long de nos parcours,
et ceux-là qui nous "dirigent", NOS dirigeants!

Comment en est-on arrivé à ne même plus regarder l'autre qui nous croise?
Comment en est-on arrivé à vivre les uns par dessus les autres sans même se connaître?
L'écrire pour le réfléchir!
L'écrire ensemble pour le partager!
L'écrire afin que la question, MA question, existe au milieu des autres... comme une voix dans les médias!
Ecrire pour rencontrer d'autres questions, d'autres réponses,
et tisser tout ça pour donner un sens.
Ecrire, un 6ème sens pour appréhender l'autre, LES autres, l'environnement, la société, le monde.
L'histoire d'un 6ème sens qui s'écrit sur ce qui a été écrit et dont les premières traces se confondent dans la nuit des temps à travers le dessin des chemins de passage, dans les traces posées là, pas à pas, tout au long de la vie du monde.
Ecrire est la seule activité humaine qui est pratiquée par autant de personnes, mais, est-elle réellement exploitée à fond?

J'ai connu quelqu'un qui écrivait sur des tickets de paiement de carburant. Les mots imprimés lui servaient de scansion et ses poèmes ont dévalé les pages de ses albums.
Un autre qui, chaque jour, inventait quelques histoires à partir de ce qu'il voyait.
Un troisième qui imaginait comment changer sa perception en transposant son attention sur un détail extérieur.
Et chaque fois, ce qui n'était qu'une idée saugrenue ou anodine, devenait un ouvrage tangible en se répétant sur des dizaines de pages, ouvrage bien réel avec une existence propre...
Magie? Ou simplement effet de l'écriture?
Le bleu du ciel de Provence me fascine, c'est lui qui m'emmène à écrire...
ou bien est-ce CE que j'ai écrit qui me fascine dans l'image du bleu?
Ou alors, est-ce qu'ensemble, je me permet ce plaisir parce que je vais le partager avec vous?
Qu'est-ce que votre écriture à vous me dévoilera?... Une couleur? Une rue?
Quelle image, quel personnage va apparaître, que va-t-il faire?
Est-ce qu'il vous ressemblera?...
Est-ce que j'aurai peur?
Est-ce que j'aurai mal?
Est-ce que je serai émue?
Ou tout cela à la fois... ENSEMBLE !
Et quand nous nous quiterons, pourrai-je répondre à ces questions?

14 février 2007

¨Quand TOLSTOÏ raconte le bonheur... conjugal!

Dans un de ses récits, Tolstoï raconte, à partir d'un personnage, une jeune femme en l'occurence, comment l'amour est au départ, pur, merveilleux, extraordinaire et puis ensuite comment l'ENNUI survient. Puisque finalement, tout ne peut être partagé et que lorsque ça ne l'est pas, la question est de savoir: que fait-on de soi si l'autre est ailleurs?... Vous voyez de quoi je parle!... Donc on va aller là où il y a du monde qui trompera l'ennui. C'est l'ego qui s'avance résolument, on se fait d'autant voir des autres que l'on croit aimer le premier qui deviendra forcément jaloux!... Classique! Incompréhension, remords, culpabilité, honte, regrets, etc,etc... L'amour disparaît peu à peu, il est remplacé au mieux, par une sorte d'amitié convenue, un arrangement de fait.
J'ai relevé les mots, les expressions caractéristiques de cette histoire, ceux et celles qui m'ont sautées aux yeux, directement, par une sorte d'universalité que j'ai moi-même vécue, comme tout un chacun! Ces mots ne sont plus aujourd'hui dans le même environnement, ils sont pourtant toujours aussi actuels. Ils me suggèrent, personnellement, des histoires dont je n'ai pas le souvenir ailleurs, des souvenirs vus sous un angle inédit, pour peu que "j'édite" mes souvenirs! C'est ici qu'une nouvelle écriture émerge, la mienne, celle du "revécu" fantasmatique de ma vie, évoqué par les mots d'un autre et non le moindre!
Entendons-nous bien, il ne s'agit pas non plus de "faire du Tolstoï" ni de prétendre quoi que ce soit d'une certaine ambition peu probable d'aboutir! Mais plutôt, s'il peut malgré tout y avoir ambition, ce que je souhaite, c'est plutôt de la placer là où Tolstoï lui-même est allé fouiller, dans son propre ressenti, dans ses propres sensations, dans les nôtres propres à nous-mêmes et tellement intimes, tellement précieuses, tellement jamais exprimées jusqu'à ce jour, que l'on va ainsi rencontrer un monde en soi, tout justement inédit, qu'on ne soupçonnait même pas!
Parce qu'on va se donner le droit, par l'écriture, d'outrepasser ce que l'on croit être la réalité et qui n'est, somme toute que notre interprêtation de cette réalité, parce que l'on va lui apporter les éléments nécessaires pour la rendre crédible pour soi, tout au moins, mais aussi pour d'autres, des 'liseurs" de ce qui s'écrit là, dans cette norme commune des polices d'écriture... des ordinateurs! Parce que de tout ça, l'écriture émergera d'elle-même...