"Entre nous soit dit"
MOMENT D'EMOTION...
Tu te demandes bien ce qui t'arrive ce matin!
Tu n'oses pas ouvrir les yeux, tu as déjà peur de ce que vas voir autour de toi! Pour te retrouver encore au même endroit, dans cette même pièce où tu sens les mêmes soucis planer!
Peur d'être repris dans cette obsession, mais aussi peur de trouver autre chose...
Finalement, tu es mieux là, dans ce rève que tu viens de faire. Tu ne peux même plus dire où ça se passait ni comment c'était! Tu ne sais même plus ce que tu y faisais, mais tu te sens bien, les yeux fermés à l'intérieur de toi.Tu as la très nette impression d'avoir senti ton corps accomplir les gestes qu'il fallait...
...FAITS DIVERS
Dans le journal, on pouvait lire l'article suivant:
"Suite aux pluies diluviennes qui se sont déversées hier sur la région, la petite rivière de ..... est soudainement sortie de son lit occasionnant des dégats considérables! Une grande quantité de gros objets, des abris de jardins et même des véhicules ont été emportés par la violence du courrant. Les maisons bordant les rives escarpées de la .... ont été envahies par les eaux boueuses et le préposé du bureau de poste a dû abandonner précipitament son véhicule! On ne sait pas encore s'il y a des victimes. Au moment du bouclage de ce numéro, on vient de retrouver à quelques kilomètres en aval du village la soutane de Monsieur le Curé dont on n'a aucune nouvelle depuis les évènements."
Ou bien:
"C'est à la lampe torche qu'a été retrouvé ce matin le corps de Christian Martin, boulanger de sa fonction. Son commerce se situe près de l'église, il venait de s'installer dans le quartier tout récemment. Cette zonz a déjà été l'objet de plusieurs faits que la police ne s'explique pas."
Mais aussi... pourquoi pas cette anecdote?
Carole part à l'école ce matin, toute ragaillardie de ses aventures de la veille. Bien sûr elle n'en fait rien voir mais au fond d'elle-même elle jubile de cette histoire qu'elle a inventée avec les copines du quartier! Si elles arrivent à faire croire à leur mère cet horrible méfait, personne ne pourrait se rendre compte de leur escapade et elles pourraient facilement recommencer l'aventure sous le même prétexte. C'est vrai, quoi! Toutes ces histoires que les adultes racontent, ça nous donne des idées se disait Carole... Elles étaient ainsi parties toutes les trois, bras dessus, bras dessous, à midi. Non pas pour rentrer à la maison mais pour se promener tout simplement! Elles avaient acheté des bonbons chez le marchant de journaux et s'étaient installées à l'écart de l'école, au bord d'un champs de coquelicots. Le soleil plombait généreusement l'atmosphère, les grillons s'en donnaient à coeur joie, les mouches dormaient dans l'ombre et les trois gamines vivaient avec bonheur leur première école buisssonière!
7 juin 2007
25 mai 2007
SE DONNER LE MOT
"Entre nous soit dit"
15 05 07
SE DONNER LE MOT
1 - Un jardin. Même tout petit, à la taille d'un bonsaï, s'il le faut.
Un jardin imaginaire ou réel, mais un jardin où je me déplace, tel un fluide subtil!
Lorsque, soudain le rhododendron...
Ou bien:
Gros buisson, fleurs éclatantes, larges feuilles sombres et lissées, le rhododendron s'impose dans mon environnement mental par rémanence. On croirait une plante artificielle, fabriquée, arrangée de façon toujours parfaite!
2 - L'enfance.
Les jeux créatifs, art plastique.
L'apparition de nouveaux personnages imaginaires
Mise en forme partie de rien.
Décoratif, gai. Coloré, animé.
Souvenirs de moments ludiques à l'école...
La foule des gens marche souvent dans deux sens opposés. On se suit, on se précède, on se croise. Les fils qui nous relient se coupent, d'autres se dessinent... Nous formons des kirielles infinies et mouvantes.
Ou bien:
Dans son enfance, Méline pratiquait un jeu étrange: elle avait ainsi confectionné d'innombrables kirielles de personnages variés...
3 - Harmonie d'une courbe parfaitement dessinée
Idée de mouvement ascentionnel.
Hyper, c'est à dire, grandiose. Spacial, interplanétaire
Le mot évoque aussi des idées symboliques, une dynamique abstraite.
Nous sommes dans le domaine du conceptuel.
Les mouvements que notre corps fait chaque jour s'inscrivent dans l'environnement, à la façon dont le calcul d'une hyperbole permet de tracer une courbe harmonieuse...
Ou bien:
Dans la pensée de mon personnage, une hyperbole se dessine chaque jour depuis quelques temps.
Tout le long de cette courbe harmonieuse, les évènements de la veille prennent place.
Hyperbole, c'est aussi le nom qu'il a donné à un alter-ego féminin oublié au fin fond de son enfance!
Un matin de vacance, il s'est réveillé avec cette image:
"Je vois une jeune fille très belle.
Elle se déplace avec légèreté et naturel.
Un hallo de lumière pâle l'enveloppe.
Elle semble irréelle... Je pense à la Vouivre!
Un rideau s'agite, la cache un instant. Puis elle réapparait en partie.
Son image s'estompe alors...
...Je songe!"
15 05 07
SE DONNER LE MOT
1 - Un jardin. Même tout petit, à la taille d'un bonsaï, s'il le faut.
Un jardin imaginaire ou réel, mais un jardin où je me déplace, tel un fluide subtil!
Lorsque, soudain le rhododendron...
Ou bien:
Gros buisson, fleurs éclatantes, larges feuilles sombres et lissées, le rhododendron s'impose dans mon environnement mental par rémanence. On croirait une plante artificielle, fabriquée, arrangée de façon toujours parfaite!
2 - L'enfance.
Les jeux créatifs, art plastique.
L'apparition de nouveaux personnages imaginaires
Mise en forme partie de rien.
Décoratif, gai. Coloré, animé.
Souvenirs de moments ludiques à l'école...
La foule des gens marche souvent dans deux sens opposés. On se suit, on se précède, on se croise. Les fils qui nous relient se coupent, d'autres se dessinent... Nous formons des kirielles infinies et mouvantes.
Ou bien:
Dans son enfance, Méline pratiquait un jeu étrange: elle avait ainsi confectionné d'innombrables kirielles de personnages variés...
3 - Harmonie d'une courbe parfaitement dessinée
Idée de mouvement ascentionnel.
Hyper, c'est à dire, grandiose. Spacial, interplanétaire
Le mot évoque aussi des idées symboliques, une dynamique abstraite.
Nous sommes dans le domaine du conceptuel.
Les mouvements que notre corps fait chaque jour s'inscrivent dans l'environnement, à la façon dont le calcul d'une hyperbole permet de tracer une courbe harmonieuse...
Ou bien:
Dans la pensée de mon personnage, une hyperbole se dessine chaque jour depuis quelques temps.
Tout le long de cette courbe harmonieuse, les évènements de la veille prennent place.
Hyperbole, c'est aussi le nom qu'il a donné à un alter-ego féminin oublié au fin fond de son enfance!
Un matin de vacance, il s'est réveillé avec cette image:
"Je vois une jeune fille très belle.
Elle se déplace avec légèreté et naturel.
Un hallo de lumière pâle l'enveloppe.
Elle semble irréelle... Je pense à la Vouivre!
Un rideau s'agite, la cache un instant. Puis elle réapparait en partie.
Son image s'estompe alors...
...Je songe!"
15 mai 2007
LA LETTRE
"Entre nous soit dit"
I - OÙ SE CACHE LA PEUR DES MOTS...
Poster mon babil comme un oiseau s'élance dans le ciel et trouver dans les plis d'un billet l'éclat d'une vie... Lier une lettre à une autre en trouvant une harmonie exactement... Tomber les cartes pour révéler celle qui sera maîtresse et dans tous ces corps de textes, consommer les phonèmes sans modération!
C'est de cette position foisonnante que je m'étais préparée ce jour-là à entrer en correspondance avecmes congénères les plus parfaits. Le changement s'était opéré très progressivement le jour où j'avais osé accepter de prendre en compte toutes les lettres de l'alphabet.
Mine de rien, je découvrais une quantité de tabous qui vérolaient mon esprit! Par exemple, le propre des épitres apparaissait bien d'approuver ce que je souhaitais approuver pour moi-même et je suppose que tout un chacun en fait autant, s'octroyant ainsi la possibilité de se démarquer des autres... Tabous et choix semblent ici bien proches et pourtant, précisemment d'une certaine façon s'opposer. Qu'on ne me demande pas d'expliquer cette affaire-là!
Ainsi donc, puisqu'il s'agit de mots constitués de lettres, je découvrais une confusion étrange dans mon esprit au sujet du mot « EPISTOLAIRE »... Je ressentais à la fois une attirance pour sa première partie et à la fois une répulsion pour son graphème final! Ce qu'on nomme préfixe et qui se matérialise ici par E,P et I, préfixait précisemment l'image d'un Jésus entouré de son groupe d'amis, au milieu des oliviers et, printemps aidant, emmenés dans des conversations disparates, élaborant au fil des années une sorte d'onthologie!... Je ressentais une attirance certaine vers la générosité humaine ainsi exprimée. Et puis, la fin du mot: « AIRE », où une autre image était immédiatement refoulée, celle de l'enfer!... Comme un frisson qui vous parcourt le dos et cette désagréable sensation, qu'une fois écrit, preuve étant faite, condamnation peut s'ensuivre!... Primaire, n'est-ce pas? Et pourtant, le même Jésus, dans le désert, n'était pas en enfer mais cela ne venait qu'après, bien après l'enfer refoulé. C'est là que la confusion s'est installée!
II - DES ÉCHANGES DE LETTRES
J'avais quinze ans, mon frère était décédé depuis quatre ans.
Les échanges épistolaires que j'avais avec mon cousin étaient plutôt passionnés de mon côté et protecteurs de l'autre. Le besoin fou que j'avais de communiquer trouvait là une ouverture admirable... Il y a des jours où tous les gens sont beaux, à travers ses lettres tous les gens étaient beaux tous les jours! Je ne sais plus qui arrêta d'écrire en premier, je peux supposer que c'est moi au moment où l'écriture de mes cahiers se fit pleine, c'est-à-dire quand elle put se suffire à elle-même. Je me souviens cependant que ces lettres ne constituaient pas un but en soi. Je n'écrivais pas pour écrire, j'écrivais dans l'spoir de vivre un jour... Je ne me demandais pas s'il s'agissiat de vouloir vivre avec mon cousin, je savais simplement qu'un jour je vivrai avec des personnes que j'aimerai et que j'aimais déjà!
Mais, j'avais bien compris qu'on peut pas trouver un interlocuteur avec qui partager tous les sujets de la vie. Aussi, j'entretenais d'autres échanges épistolaires. C'est avec le docteur S que je racontais mes aventures cavalières. C'était venu tout naturellement! Ma mère, dont il était l'ami presqu'intime à mes yeux, avait dû lui faire part de ma nouvelle activité. Suite au deuil du frère, cet engoûment leur apparaissait sans doute comme un beau signe de vie.
Il a dû se passer qu'un beau jour, elle me proposa de commencer un échange d'expériences cavalières que lui-même souhaitait partager. C'est ainsi que je racontais mes déboires multiples et variés. Le genre équidé devenait alors peu à peu le centre de mon existance. En dehors du travail scolaire sur lequel j'avais du mal à me concentrer, le genre « cheval » occupait ma vision comme un concept existenciel. Si j'acceptais de vivre dans le béton tous les jours, dans les étages d'un immeuble chaque matin et chaque soir, dans les carlingues métalliques des autobus et des voitures, parfois et toutes mes journées ou presque dans un immeuble plus ou moins haussmanien, c'était seulement pour préparer l'avenir! Dans la moindre touffe d'herbe et dans l'ombre pommelée des feuillus, j'entrevoyais des univers de chevaux en liberté galoppant dans des prairies toujours vertes... Dans mes échanges avec le docteur, j'avais déjà, et de loin, la précision d'analyse de la future éthologue que je déciderai un beau jour de devenir. Les lettres qu'il m'écrivait en retour, n'étaient que des souvenirs trop lointains pour lui mais son soutien construisait mon écriture semaine après semaine. C'est dans ces descriptions minutieuses que j'appris à trouver les mots pour me faire comprendre. Quand il me répondait, je savais qu'il avait lui aussi vécu l'expérience décryptée. Un jour, il ne répondit plus, la vie l'avait quitté, bien loin de chez moi, là-bas où il m'avait fait naître, de l'autre côté de la Méditerranée...
III - TOUT EST POSSIBLE!
Le corps est là, bien tangible, même si le docteur n'est plus et le cousin disparu. De digramme en trigramme ou lettre en bas de casse, c'est en chiffres romains ou en italiques que j'écris maintenant! De manuscrits en typographies, je ne peux empêcher la lettre de s'écrire, de lettre muettes en lettres liées les unes aux autres, ce sont autant de lettres dont je construis ma vie. Si l'inconscient est un langage, l'écriture est aussi une image de majuscules et de minuscules, d'élégants dessins de pleins et de déliés, de hampes et de jambages mis en valeur par la lettre capitale exprimée ou gravée en lettres d'or! Ecrites en toutes lettres sur mon visage, je garde présent dans ma mémoire, toutes les lettres circulaires de mes publipostages.
C'est autant de lettres de remerciements aux multiples hôtes que de lettres de licenciement ou de démission qu'il est nécessaire parfois de dépêcher. Autant de faire-parts que l'existence se plaît à nous multiplier, lettres de cachet que les administrations ne savent plus faire et nous encore moins!... Lettres de rémission auxquelles on ne se livre même plus! Lettres de noblesse qui sont à nouveau à inventer, lettres de créance qui permettraient peut-être, à notre tour, de prendre des droits. Lettres de service qui deviendraient notre journal intime! Lettres anonymes où nous pourrions dire tout ce que l'on désire. Lettres patentes où la fantaisie d'aujourd'hui peut prendre ses droits. Lettres de rupture où nous décidons enfin d'arrêter la monotonie des jours. Lettres de naturalisation où notre nature peut ainsi déplacer son point de vue. Lettres d'amour trop peu usitées de nos jours, lettre de condoléances trop vite concoctées à partir d'un modèle préformé, lettres de recommandation même pas considérées, lettres d'embauche trop peu multipliées et enfin, celle-ci, lettre de pure garantie pour un retour de la lettre que trop de gens ne savent plus faire, du genre épistolaire ou presqu'illettriste!
Je n'irais pas pleurer sur les papiers de ceux à qui on a appris à écrire et qui ne veulent pas en jouïr! Je n'irais qu'à dire que les générations à venir ont déjà recommencé à écrire, que nous sommes là, comme des phares dans une nuit finissante... Puisse, car il n'est jamais trop tard, encore venir les écrivants, tous ceux en qui le désir d'écrire se réveille un beau jour tout doucement...
Jacqueline MACHARD
1er mai 2007
I - OÙ SE CACHE LA PEUR DES MOTS...
Poster mon babil comme un oiseau s'élance dans le ciel et trouver dans les plis d'un billet l'éclat d'une vie... Lier une lettre à une autre en trouvant une harmonie exactement... Tomber les cartes pour révéler celle qui sera maîtresse et dans tous ces corps de textes, consommer les phonèmes sans modération!
C'est de cette position foisonnante que je m'étais préparée ce jour-là à entrer en correspondance avecmes congénères les plus parfaits. Le changement s'était opéré très progressivement le jour où j'avais osé accepter de prendre en compte toutes les lettres de l'alphabet.
Mine de rien, je découvrais une quantité de tabous qui vérolaient mon esprit! Par exemple, le propre des épitres apparaissait bien d'approuver ce que je souhaitais approuver pour moi-même et je suppose que tout un chacun en fait autant, s'octroyant ainsi la possibilité de se démarquer des autres... Tabous et choix semblent ici bien proches et pourtant, précisemment d'une certaine façon s'opposer. Qu'on ne me demande pas d'expliquer cette affaire-là!
Ainsi donc, puisqu'il s'agit de mots constitués de lettres, je découvrais une confusion étrange dans mon esprit au sujet du mot « EPISTOLAIRE »... Je ressentais à la fois une attirance pour sa première partie et à la fois une répulsion pour son graphème final! Ce qu'on nomme préfixe et qui se matérialise ici par E,P et I, préfixait précisemment l'image d'un Jésus entouré de son groupe d'amis, au milieu des oliviers et, printemps aidant, emmenés dans des conversations disparates, élaborant au fil des années une sorte d'onthologie!... Je ressentais une attirance certaine vers la générosité humaine ainsi exprimée. Et puis, la fin du mot: « AIRE », où une autre image était immédiatement refoulée, celle de l'enfer!... Comme un frisson qui vous parcourt le dos et cette désagréable sensation, qu'une fois écrit, preuve étant faite, condamnation peut s'ensuivre!... Primaire, n'est-ce pas? Et pourtant, le même Jésus, dans le désert, n'était pas en enfer mais cela ne venait qu'après, bien après l'enfer refoulé. C'est là que la confusion s'est installée!
II - DES ÉCHANGES DE LETTRES
J'avais quinze ans, mon frère était décédé depuis quatre ans.
Les échanges épistolaires que j'avais avec mon cousin étaient plutôt passionnés de mon côté et protecteurs de l'autre. Le besoin fou que j'avais de communiquer trouvait là une ouverture admirable... Il y a des jours où tous les gens sont beaux, à travers ses lettres tous les gens étaient beaux tous les jours! Je ne sais plus qui arrêta d'écrire en premier, je peux supposer que c'est moi au moment où l'écriture de mes cahiers se fit pleine, c'est-à-dire quand elle put se suffire à elle-même. Je me souviens cependant que ces lettres ne constituaient pas un but en soi. Je n'écrivais pas pour écrire, j'écrivais dans l'spoir de vivre un jour... Je ne me demandais pas s'il s'agissiat de vouloir vivre avec mon cousin, je savais simplement qu'un jour je vivrai avec des personnes que j'aimerai et que j'aimais déjà!
Mais, j'avais bien compris qu'on peut pas trouver un interlocuteur avec qui partager tous les sujets de la vie. Aussi, j'entretenais d'autres échanges épistolaires. C'est avec le docteur S que je racontais mes aventures cavalières. C'était venu tout naturellement! Ma mère, dont il était l'ami presqu'intime à mes yeux, avait dû lui faire part de ma nouvelle activité. Suite au deuil du frère, cet engoûment leur apparaissait sans doute comme un beau signe de vie.
Il a dû se passer qu'un beau jour, elle me proposa de commencer un échange d'expériences cavalières que lui-même souhaitait partager. C'est ainsi que je racontais mes déboires multiples et variés. Le genre équidé devenait alors peu à peu le centre de mon existance. En dehors du travail scolaire sur lequel j'avais du mal à me concentrer, le genre « cheval » occupait ma vision comme un concept existenciel. Si j'acceptais de vivre dans le béton tous les jours, dans les étages d'un immeuble chaque matin et chaque soir, dans les carlingues métalliques des autobus et des voitures, parfois et toutes mes journées ou presque dans un immeuble plus ou moins haussmanien, c'était seulement pour préparer l'avenir! Dans la moindre touffe d'herbe et dans l'ombre pommelée des feuillus, j'entrevoyais des univers de chevaux en liberté galoppant dans des prairies toujours vertes... Dans mes échanges avec le docteur, j'avais déjà, et de loin, la précision d'analyse de la future éthologue que je déciderai un beau jour de devenir. Les lettres qu'il m'écrivait en retour, n'étaient que des souvenirs trop lointains pour lui mais son soutien construisait mon écriture semaine après semaine. C'est dans ces descriptions minutieuses que j'appris à trouver les mots pour me faire comprendre. Quand il me répondait, je savais qu'il avait lui aussi vécu l'expérience décryptée. Un jour, il ne répondit plus, la vie l'avait quitté, bien loin de chez moi, là-bas où il m'avait fait naître, de l'autre côté de la Méditerranée...
III - TOUT EST POSSIBLE!
Le corps est là, bien tangible, même si le docteur n'est plus et le cousin disparu. De digramme en trigramme ou lettre en bas de casse, c'est en chiffres romains ou en italiques que j'écris maintenant! De manuscrits en typographies, je ne peux empêcher la lettre de s'écrire, de lettre muettes en lettres liées les unes aux autres, ce sont autant de lettres dont je construis ma vie. Si l'inconscient est un langage, l'écriture est aussi une image de majuscules et de minuscules, d'élégants dessins de pleins et de déliés, de hampes et de jambages mis en valeur par la lettre capitale exprimée ou gravée en lettres d'or! Ecrites en toutes lettres sur mon visage, je garde présent dans ma mémoire, toutes les lettres circulaires de mes publipostages.
C'est autant de lettres de remerciements aux multiples hôtes que de lettres de licenciement ou de démission qu'il est nécessaire parfois de dépêcher. Autant de faire-parts que l'existence se plaît à nous multiplier, lettres de cachet que les administrations ne savent plus faire et nous encore moins!... Lettres de rémission auxquelles on ne se livre même plus! Lettres de noblesse qui sont à nouveau à inventer, lettres de créance qui permettraient peut-être, à notre tour, de prendre des droits. Lettres de service qui deviendraient notre journal intime! Lettres anonymes où nous pourrions dire tout ce que l'on désire. Lettres patentes où la fantaisie d'aujourd'hui peut prendre ses droits. Lettres de rupture où nous décidons enfin d'arrêter la monotonie des jours. Lettres de naturalisation où notre nature peut ainsi déplacer son point de vue. Lettres d'amour trop peu usitées de nos jours, lettre de condoléances trop vite concoctées à partir d'un modèle préformé, lettres de recommandation même pas considérées, lettres d'embauche trop peu multipliées et enfin, celle-ci, lettre de pure garantie pour un retour de la lettre que trop de gens ne savent plus faire, du genre épistolaire ou presqu'illettriste!
Je n'irais pas pleurer sur les papiers de ceux à qui on a appris à écrire et qui ne veulent pas en jouïr! Je n'irais qu'à dire que les générations à venir ont déjà recommencé à écrire, que nous sommes là, comme des phares dans une nuit finissante... Puisse, car il n'est jamais trop tard, encore venir les écrivants, tous ceux en qui le désir d'écrire se réveille un beau jour tout doucement...
Jacqueline MACHARD
1er mai 2007
27 avril 2007
JAZZ A SAINT GINIEZ
"Entre nous soit dit"
JAZZ A ST GINIEZ
Babar est vraient trop barbare, quel bazar, alcazar!
Innocent, arrogant! T'as qu'à voir! Y s'est payé une nana qu'elle s'apppèle "Nanaconda"... Attention, danger!... Pétard, j'ai jamais vu ça, ce cul!
Abracadabra, taratata, caca, boudin, biscotte, isotope, biotope, tritoceratop, clop, clop, tacaclop, t'as des clopes russes?... Russendrin, mal en drain, fais gaffe au refrain (poil aux mains)... Est-ce que j'ai une tête de poil aux mains? Quel bastringue!
Eh! zop! Esope... Esoupe, té moupe et à la mousse! ousse, ousse! Ousse tou yourte?
Yourte,YAOURT, YOGHOURGT, yourte it is? Beau bourg, Beaubourg! Bô quoi?...
WHAT! C'est d'la ouate! Ouarzazate!...
Quoique tout compte fait, à tout dire, y'a pas d'vérité d'abord!
Hé bé ma foi, c'est bien vrai! Disait le Corézien et d'ailleurs y'en a d'autres avant lui qui l'ont dit même qu'ils étaient coréziens eux aussi!... J'en ai connu un qu'il avait pas une histoire banale! Mais j'peux pas la raconter, même qu'il serait pas content du tout! Alors si tu peux raconter une des tiennes, là!...
L'histoire d'UZGUL, mi-turc mi-poète, interprête de sa propre vision de vie me dit un jour d'un ton sincère: "Bonjour, comment vas-tu," A ces paroles, je lui répond non sans une pointe d'ironie cette phrase qui me fait vibrer tel un coq chantant le lever du jour: "ça va bien, et toi?". UZGUL, après un moment de recul, me déclara alors... ce que je savais! Je m'en souviendrai toute ma vie: "Bien!"
Ecrire, écrire!
Y'm'font rire: je continue, ce sera pire!
Mais allons-y, écrivons!
A quoi bon?
J'en sais rien... Tout ce rien, le tien, le mien, mais comme dit Uzgul, c'est bien!
Dixit les gens autour d'une p'tite mousse, ceux de mes amis dans la boîte à Jazzy, un grand merci!
JAZZ A ST GINIEZ
Babar est vraient trop barbare, quel bazar, alcazar!
Innocent, arrogant! T'as qu'à voir! Y s'est payé une nana qu'elle s'apppèle "Nanaconda"... Attention, danger!... Pétard, j'ai jamais vu ça, ce cul!
Abracadabra, taratata, caca, boudin, biscotte, isotope, biotope, tritoceratop, clop, clop, tacaclop, t'as des clopes russes?... Russendrin, mal en drain, fais gaffe au refrain (poil aux mains)... Est-ce que j'ai une tête de poil aux mains? Quel bastringue!
Eh! zop! Esope... Esoupe, té moupe et à la mousse! ousse, ousse! Ousse tou yourte?
Yourte,YAOURT, YOGHOURGT, yourte it is? Beau bourg, Beaubourg! Bô quoi?...
WHAT! C'est d'la ouate! Ouarzazate!...
Quoique tout compte fait, à tout dire, y'a pas d'vérité d'abord!
Hé bé ma foi, c'est bien vrai! Disait le Corézien et d'ailleurs y'en a d'autres avant lui qui l'ont dit même qu'ils étaient coréziens eux aussi!... J'en ai connu un qu'il avait pas une histoire banale! Mais j'peux pas la raconter, même qu'il serait pas content du tout! Alors si tu peux raconter une des tiennes, là!...
L'histoire d'UZGUL, mi-turc mi-poète, interprête de sa propre vision de vie me dit un jour d'un ton sincère: "Bonjour, comment vas-tu," A ces paroles, je lui répond non sans une pointe d'ironie cette phrase qui me fait vibrer tel un coq chantant le lever du jour: "ça va bien, et toi?". UZGUL, après un moment de recul, me déclara alors... ce que je savais! Je m'en souviendrai toute ma vie: "Bien!"
Ecrire, écrire!
Y'm'font rire: je continue, ce sera pire!
Mais allons-y, écrivons!
A quoi bon?
J'en sais rien... Tout ce rien, le tien, le mien, mais comme dit Uzgul, c'est bien!
Dixit les gens autour d'une p'tite mousse, ceux de mes amis dans la boîte à Jazzy, un grand merci!
24 avril 2007
J'ECRIRAI
"Entre nous soit dit"
J'ECRIRAI,
J'écriai la mer
sur les flots bleus
comme disait ma mère
et la mère de sa mère... Peut-être!
Ou, je décrirai, comment les vagues nous ont emmenés
tous les quatre et un jour cinq ou six et bien plus encore!
Ou bien je parlerai... Non, attend!
Quand je serai, je serai lumineuse
une vraie lampe incandescence
qui éblouira les bateaux
quand ils arriveront dans la rade, le soir...
Je décrirai le ferry-boat qui arrivera de très loin,
le grand bateau blanc sur les flots bleus...
une photo par jour!
s'il vous plait!
Quand je serai éclatante, il n'y aura plus de question à se poser...
peut-être qu'on s'ennuira!
Je parlerai du Père Noël qui descendait le chemin poussiéreux
là-bas, aux confins de l'Atlas.
qu'est-ce qu'il fichait là ce faux suédois
et qu'en plus c'était un escroc!
Quand je serai caviardée - c'est déjà commencé -
je pense qu'on va tous se régaler
sur une tartine
avec du bon beurre salé
J'écrirai l'avenir
faudra pas me le redire
j'ai bien peur qu'il en soit trop tard
je suis déjà embarquée!
Quand je serai rouge de peur, de honte
ou de ce que vous voulez
ce sera trop tard pour se retirer
je suis embarquée!
J'écrirai le voyage d'un Gulliver
gros comme un bateau
avec plein d'histoires
et de racontars
Je serai très verte dans ce genre d'escapade
et ce sera là ma première aventure
dans un radeau interplanétaire!
Je parlerai alors d'un soleil qui ne sera peut-être pas le nôtre
et quand je serai brillante mais pas encore incandescente
il est probable que je reviendrai...
J'écrirai sur le sable les mots de mon voyage
sans mentir si possible et sans rire
Quand je serai presque croquante, vous me permettrez
de passer la main
la main d'un voyage sous-marin
parmi les requins
Je parlerai d'une tortue qui était partie avec ses congénères
toutes munies d'électrodes pour nous faire parler
Quand je serai dans le rêve de chacun, pascale parmi les Pâques
au rameau d'olivier, je mangerai les bonbons
suspendus dans des papiers dorés!
Je décrirai l'as, la meilleure carte de mon jeu, celle qui,
finalement, reste seule avec ce qu'elle a gagné!
et quand je s
J'ECRIRAI,
J'écriai la mer
sur les flots bleus
comme disait ma mère
et la mère de sa mère... Peut-être!
Ou, je décrirai, comment les vagues nous ont emmenés
tous les quatre et un jour cinq ou six et bien plus encore!
Ou bien je parlerai... Non, attend!
Quand je serai, je serai lumineuse
une vraie lampe incandescence
qui éblouira les bateaux
quand ils arriveront dans la rade, le soir...
Je décrirai le ferry-boat qui arrivera de très loin,
le grand bateau blanc sur les flots bleus...
une photo par jour!
s'il vous plait!
Quand je serai éclatante, il n'y aura plus de question à se poser...
peut-être qu'on s'ennuira!
Je parlerai du Père Noël qui descendait le chemin poussiéreux
là-bas, aux confins de l'Atlas.
qu'est-ce qu'il fichait là ce faux suédois
et qu'en plus c'était un escroc!
Quand je serai caviardée - c'est déjà commencé -
je pense qu'on va tous se régaler
sur une tartine
avec du bon beurre salé
J'écrirai l'avenir
faudra pas me le redire
j'ai bien peur qu'il en soit trop tard
je suis déjà embarquée!
Quand je serai rouge de peur, de honte
ou de ce que vous voulez
ce sera trop tard pour se retirer
je suis embarquée!
J'écrirai le voyage d'un Gulliver
gros comme un bateau
avec plein d'histoires
et de racontars
Je serai très verte dans ce genre d'escapade
et ce sera là ma première aventure
dans un radeau interplanétaire!
Je parlerai alors d'un soleil qui ne sera peut-être pas le nôtre
et quand je serai brillante mais pas encore incandescente
il est probable que je reviendrai...
J'écrirai sur le sable les mots de mon voyage
sans mentir si possible et sans rire
Quand je serai presque croquante, vous me permettrez
de passer la main
la main d'un voyage sous-marin
parmi les requins
Je parlerai d'une tortue qui était partie avec ses congénères
toutes munies d'électrodes pour nous faire parler
Quand je serai dans le rêve de chacun, pascale parmi les Pâques
au rameau d'olivier, je mangerai les bonbons
suspendus dans des papiers dorés!
Je décrirai l'as, la meilleure carte de mon jeu, celle qui,
finalement, reste seule avec ce qu'elle a gagné!
et quand je s
19 avril 2007
AUTOPORTRAIT EXPRESS
"Entre nous soit dit"
AUTOPORTRAIT EXPRESS
Mon autoportrait est en photos!
Je procède ainsi:
Partout, dans les lieux où je vais, là où je sens quelque chose que je ne connais pas, qui surgit d'un seul coup... Une image à prendre! C'est automatique!
Dans ce moment-là, je sais que c'est moi!
En une année, je fais quatre mille photos mais je ne suis pas souvent sur la photo!
Ensuite, les photos défilent sur l'ordinateur en écran de veille, plein cadre...
Pour chacune d'elle, je revois un morceau de ma vie, de mes occupations du moment, des activités que je pratiquais, des gens que je rencontrais, de mes goûts, des désirs qui m'habitaient...
En fait, je vois les millions de choses qui nous habitent tous et je n'arrête pas de regarder!...
Je suis une regardeuse qui entend les sons de la vie!
AUTOPORTRAIT EXPRESS
Mon autoportrait est en photos!
Je procède ainsi:
Partout, dans les lieux où je vais, là où je sens quelque chose que je ne connais pas, qui surgit d'un seul coup... Une image à prendre! C'est automatique!
Dans ce moment-là, je sais que c'est moi!
En une année, je fais quatre mille photos mais je ne suis pas souvent sur la photo!
Ensuite, les photos défilent sur l'ordinateur en écran de veille, plein cadre...
Pour chacune d'elle, je revois un morceau de ma vie, de mes occupations du moment, des activités que je pratiquais, des gens que je rencontrais, de mes goûts, des désirs qui m'habitaient...
En fait, je vois les millions de choses qui nous habitent tous et je n'arrête pas de regarder!...
Je suis une regardeuse qui entend les sons de la vie!
9 avril 2007
LA GOUTTE QUI FAIT DEBORDER LE VASE !
"Entre nous soit dit"
07.11.2006
LA GOUTTE QUI FAIT DÉBORDER LE VASE
En tombant au fond du vase de l'antiquité,
je plonge dans une goutte de vague à l'âme venimeux.
Une pluie de confiture me colle soudain aux parois d'eau bénite
aussi gluante que le Soissons!
La sueur ruissèle en commémoration aux cendres de mes ancètres
dont le parfum souffle ses exhalaisons.
Un soupçon de tristesse m'effleure
en entendant au loin les bris de vase au pilon fatal!
Comment la dernière goutte d'alcool
n'a-t-elle point noyé le poisson du Soissons?
Que n'ai-je versé les larmes du vase de cérémonie?
De Cléopatre à Scipion,
toutes ces saisons de fonte des neiges n'ont-elles point encore fini de râcler
le fond du vase de mes nuits?
Vase de terre ou vase de Vasarelli,
perdu entre le vin , le sang et l'eau
à la recherche de la goutte suprême.
Je erre dans la valeur vide d'un vase d'opaline...
Le vague à l'âme et le comérage,
en gouttes se valent bien!
Surtout si on les mélange dans un vase de souvenirs
où les chagrins et les larmes se mélangent aussi.
C'est ainsi qu'un beau jour,
pendant que les foudres du ciel se répendaient sur nos têtes,
la porcelaine d'un de nos plus beaux vases se mit à briller doucement...
En observant minutieusement la matière laiteuse,
d'une fine ligne,
nous vîmes apparaître une toute petite goutte d'un liquide rouge vif.
Nous restions hypnotisés par le phénomène
alors que la maison tremblait sous des assauts répétés.
Curieusement, le filet rouge obliqua sur la paroi du vase
que l'on croyait vide.
Des vapeurs d'amertume enveloppèrent soudain nos corps las.
Le souvenir de la vieille aïeule apparu simultanément dans nos têtes creuses.
Marceline poussa un long soupir sorti du fond des âges.
Sylvain prononça quelques mots innaudibles dans un long chuchotement.
Nos oreilles se fermèrent alors.
C'était comme si nous étions ensemble dans le même vase!
Une goutte de valeur vide
dans un vase de sans-souci...
Sans rancune pour l'amertume
d'une coulée de sueur sur le coeur...
Le parfum exhalant d'un vase pourtant ébrêché
ferait-il revenir la petite Madeleine de la grand'tante du Proust?
Si tous les vases retrouvés au fond des océans nous livraient
les secrets de toutes les histoires,
comment une goutte de sang de comérage pourrait encore suinter?
Comment pourrions-nous encore goûter les larmes des regrets
au fond des vases d'amertume?
Tous ces mots si beaux
ne peuvent-ils aussi remplir une coupe d'opaline?
Toutes ces rancunes
n'ont-elles pas leurs lieux de célébration
au fond d'une urne, où, chaque fois
les mots goutte à goutte viennent s'amonceler?
Et, n'est-ce pas ainsi que le petit Marcel les entendait,
les sarcasmes de tous ces gens?
07.11.2006
LA GOUTTE QUI FAIT DÉBORDER LE VASE
En tombant au fond du vase de l'antiquité,
je plonge dans une goutte de vague à l'âme venimeux.
Une pluie de confiture me colle soudain aux parois d'eau bénite
aussi gluante que le Soissons!
La sueur ruissèle en commémoration aux cendres de mes ancètres
dont le parfum souffle ses exhalaisons.
Un soupçon de tristesse m'effleure
en entendant au loin les bris de vase au pilon fatal!
Comment la dernière goutte d'alcool
n'a-t-elle point noyé le poisson du Soissons?
Que n'ai-je versé les larmes du vase de cérémonie?
De Cléopatre à Scipion,
toutes ces saisons de fonte des neiges n'ont-elles point encore fini de râcler
le fond du vase de mes nuits?
Vase de terre ou vase de Vasarelli,
perdu entre le vin , le sang et l'eau
à la recherche de la goutte suprême.
Je erre dans la valeur vide d'un vase d'opaline...
Le vague à l'âme et le comérage,
en gouttes se valent bien!
Surtout si on les mélange dans un vase de souvenirs
où les chagrins et les larmes se mélangent aussi.
C'est ainsi qu'un beau jour,
pendant que les foudres du ciel se répendaient sur nos têtes,
la porcelaine d'un de nos plus beaux vases se mit à briller doucement...
En observant minutieusement la matière laiteuse,
d'une fine ligne,
nous vîmes apparaître une toute petite goutte d'un liquide rouge vif.
Nous restions hypnotisés par le phénomène
alors que la maison tremblait sous des assauts répétés.
Curieusement, le filet rouge obliqua sur la paroi du vase
que l'on croyait vide.
Des vapeurs d'amertume enveloppèrent soudain nos corps las.
Le souvenir de la vieille aïeule apparu simultanément dans nos têtes creuses.
Marceline poussa un long soupir sorti du fond des âges.
Sylvain prononça quelques mots innaudibles dans un long chuchotement.
Nos oreilles se fermèrent alors.
C'était comme si nous étions ensemble dans le même vase!
Une goutte de valeur vide
dans un vase de sans-souci...
Sans rancune pour l'amertume
d'une coulée de sueur sur le coeur...
Le parfum exhalant d'un vase pourtant ébrêché
ferait-il revenir la petite Madeleine de la grand'tante du Proust?
Si tous les vases retrouvés au fond des océans nous livraient
les secrets de toutes les histoires,
comment une goutte de sang de comérage pourrait encore suinter?
Comment pourrions-nous encore goûter les larmes des regrets
au fond des vases d'amertume?
Tous ces mots si beaux
ne peuvent-ils aussi remplir une coupe d'opaline?
Toutes ces rancunes
n'ont-elles pas leurs lieux de célébration
au fond d'une urne, où, chaque fois
les mots goutte à goutte viennent s'amonceler?
Et, n'est-ce pas ainsi que le petit Marcel les entendait,
les sarcasmes de tous ces gens?
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